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Les MERCIER du Lion-d'Angers

Le Lion-d’Angers

Le Lion-d'Angers est une commune du Maine-et-Loire, qui se trouve à 25 km au nord-nord-ouest d'Angers. Le bourg est situé sur la rive droite de l'Oudon, un peu avant la confluence de cette rivière avec la Mayenne.

Ici, le mot "Lion" n'a rien à voir avec l'animal ; l'explication la plus fréquente est que "Lion" serait une déformation de "Légion", en référence à celle qui s'y serait établie à l'époque romaine. Le nom de la ville pourrait aussi venir du domaine d'un gallo-romain nommé Legius, Laevius ou Levius. Une dernière hypothèse se tourne vers une origine celtique : "Lion" serait un "Lugdunum" comme Lyon, Laon ou Loudun.

Carte situant le Lion-d'Angers et les communes voisines

La carte ci-dessus, centrée sur le Lion-d'Angers, fait apparaître les différents villages et villes dans lesquels ont eu lieu des évènements concernant la famille MERCIER. Les cercles permettent de visualiser les distances ; le rayon des plus foncés est de 10 km, et celui des plus clairs de 20 km.

Le dernier ancêtre MERCIER du Lion-d’Angers

Le schéma de droite résume la filiation entre les DUPLAN contemporains et leurs ancêtres MERCIER originaires du Lion-d’Angers ; la version détaillée est donnée dans la page sur « Les portraits ».

Le dernier ancêtre MERCIER ayant exercé une activité professionnelle au Lion-d’Angers a été François III MERCIER ; c’est à partir de lui que cette page va remonter le temps pour évoquer l’histoire de la famille MERCIER.

François III MERCIER en 1832
Portrait de Francois Mercier l'aubergiste

François III MERCIER, fils de François II et Françoise HANTRIE, est né le 31 juillet 1769 au Lion-d'Angers, où il a tenu l'auberge de la Boule d'Or à la suite de ses parents. Il a épousé Anne BERTRON le 14 mars 1797 à Craon (Mayenne) pour être tout-à-fait exact, le mariage s’est tenu à Clément, appellation républicaine de Saint Clément, paroisse de Craon, qui est devenue une commune à la révolution ; cette commune a finalement disparu en 1811 quand elle a été rattachée à Craon. Le couple a eu quatre enfants :

  1. François IV, mon aïeul, né le 13 août 1798 au Lion-d'Angers, décédé le 11 décembre 1887 à Craon ;
  2. Auguste Louis, né le 22 octobre 1800 au Lion d'Angers et mort le 30 novembre 1810 à Craon, chez sa grand-mère maternelle ;
  3. Henry Napoléon, né le 8 novembre 1802 au Lion-d'Angers, marié le 14 mai 1823 à Niafles (Mayenne) avec Sophie Victoire GRANGER (cousine d'Anne BERTRON, issue d'une famille de meuniers et meunière elle-même), décédé le 18 juin 1856 à Marcilly-sur-Maulne (Indre-et-Loire) ;
  4. Félix Jules, né le 20 et décédé le 26 octobre 1805 au Lion-d'Angers.

Anne BERTRON est décédée en 1809, à seulement 33 ans. François III MERCIER s'est remarié deux ans plus tard avec Anne Marie CAILLAUD, originaire de Nantes. Mon aïeul a eu à nouveau quatre enfants de ce second mariage :

  1. Un enfant anonyme décédé à la naissance en 1812 ;
  2. Auguste Charles, né le 25 mai 1815 au Lion-d'Angers, marié le 12 janvier 1847 à Étriché (Maine-et-Loire) avec Zoé TALVAT, décédé le 18 avril 1872 à Tiercé (Maine-et-Loire) ;
  3. Anne Marie, née le 23 mai 1816 au Lion-d'Angers, mariée le 27 avril 1846 à Craon avec Eugène WINTERHALDER, décédée le 7 janvier 1893 à Craon ;
  4. Adelina Maltide (sic), née le 4 octobre 1822 au Lion d'Angers et décédée trois semaines plus tard (le 27) à Grez-Neuville, commune limitrophe du Lion d'Angers où elle avait été placée en nourrice.

François III a tenu l'auberge de la Boule d'Or jusqu'à début 1832 ; il l'avait vendue fin 1831.

La suite de l'histoire de mes ascendants MERCIER s'est déroulée à Craon, en Mayenne, où François III s’est retiré, après la vente de l’auberge, auprès des fils de son premier mariage ; il y est décédé le 30 août 1840, à l'âge de 71 ans (voir « Les Mercier de Craon »).

Les MERCIER au Lion-d’Angers 1631-1831

Louis MERCIER
Rose ROCHEREAU
x ?
Charles MERCIER
Renée GAULTIER
x 1.10.1631 Angers
François I MERCIER
° 12.3.1651 Le Lion-d'Angers
† 14.1.1732 Le Lion-d'Angers
Louise COUÉ
° 1652 Le Lion-d'Angers
† 16.2.1695 Le Lion-d'Angers
x 27.1.1682 Le Lion-d'Angers
Mathurin I MERCIER
° 21.9.1689 Le Lion-d'Angers
† 7.7.1754 Le Lion-d'Angers
Renée GEMIN
° 13.1.1689 Montreuil-sur-Maine
† 6.5.1744 Le Lion-d'Angers
x 30.1.1714 Le Lion-d'Angers
Mathurin II MERCIER
° 19.11.1714 Le Lion-d'Angers
† 20.12.1780 Le Lion-d'Angers
Louise HUET
° 13.11.1714 Gené
† 18.7.1764 Le Lion-d'Angers
x 4.10.1735 Angers
François II MERCIER
° 14.5.1741 Le Lion-d'Angers
† 28.12.1796 Le Lion-d'Angers
Françoise HANTRIE
° 02.1.1748 Le Lion-d'Angers
† 27.12.1795 Le Lion-d'Angers
x 27.10.1766 Le Lion-d'Angers
François III MERCIER
° 31.7.1769 Le Lion-d'Angers
† 30.8.1840 Craon
Miniature François Mercier
 

MERCIER fait partie des noms de famille les plus répandus en France (classé 31e sur la période 1891-1990) ; c'est un nom de métier devenu patronyme : à l'origine, un mercier est un marchand, proche du colporteur, qui vend des tissus, des objets de toilette et d'ornement, des chandelles…

Dans le schéma d'ascendance ci-dessus, tous les pères s'appellent MERCIER. En réalité, la variante LE MERCIER est également souvent utilisée dans les registres paroissiaux du Lion-d'Angers ; c'est plus particulièrement fréquent pour les plus anciennes générations. Les patronymes n'ont été totalement fixés que dans le courant du XIXe siècle, quand l'état civil est devenu plus rigoureux : on constate des résurgences de la version LE MERCIER dans certains actes, civils ou religieux, jusqu'en 1882. C'est un point à retenir quand on consulte des tables alphabétiques pour ses recherches.

Charles MERCIER, le premier ancêtre dont on trouve la trace au Lion-d’Angers, y était installé dans les années 1630 : le plus ancien baptême d’un enfant de Charles MERCIER et Renée GAULTIER apparait dans les registres paroissiaux du Lion-d'Angers à la date du 23 février 1635 ; cependant, comme les registres paroissiaux de cette époque sont lacunaires, il est possible qu’il ait existé un baptême plus proche du mariage (en 1631, à Angers).

Charles MERCIER est qualifié de marchand, sans autre précision. Les générations suivantes se consacrent au travail des peaux : mes ancêtres MERCIER sont tanneurs, mégissiers apprêtent des peaux de chèvre, de mouton ou d'autres peaux délicates destinées à l'industrie de la chaussure, de la ganterie ou de l'habillement ou parcheminiers produisent et vendent du parchemin, en partant des mêmes peaux que les mégissiers, mais avec un traitement différent et pour d'autres usages. Ceci reste vrai jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, époque à partir de laquelle ils deviennent des hôteliers.

Mais ce ne sont pas de simples tanneurs, mégissiers ou hôteliers : ils sont marchand tanneur, marchand mégissier ou marchand hôte c’est-à-dire que, plus que des artisans, ce sont des entrepreneurs, capables de trouver des capitaux, à une époque où les banques n’existaient pas, pour acheter les matières premières et les faire travailler. Ils se marient à des filles de meunier (GEMIN), d’aubergiste (HUET) ou de marchand boucher (HANTRIE)…

De plus, les actes notariés qu’on peut retrouver montrent qu’en parallèle à leurs activités dans la tannerie ou l’hôtellerie, tous ces ancêtres des familles MERCIER et alliées étaient également propriétaires ou locataires (bail à ferme) de biens agricoles dont ils confiaient l’exploitation à des métayers (bail à moitié, dans lequel les investissements et les bénéfices sont partagés).

L’auberge de la Boule d’Or

Sur les 200 ans d’activité de la famille MERCIER au Lion-d’Angers, l’exploitation d’une auberge n’en concerne que 81 (1750-1831), mais comme cette activité couvre les dernières années de présence de la famille au Lion-d’Angers, elle est restée emblématique : pour la tradition familiale, les MERCIER étaient aubergistes au Lion-d’Angers. De plus, comme elle est mieux documentée que les activités qui l’ont précédé, on peut donner quelques détails.

Croix tombale de Louise Huet

Croix tombale de Louise Huet
dessin de Pierre Cochard

C’est le couple Mathurin II MERCIER – Louise HUET qui a fait passer cette branche de la famille du travail des peaux à l’hôtellerie. Dans l'acte de son mariage avec Louise HUET, en 1735, Mathurin II se déclare marchand tanneur ; il va devenir marchand hôte, selon l'expression de l’époque, quinze ans plus tard, avec l'achat de l'hôtellerie de la Croix Blanche, renommée la Boule d'Or quelques années plus tard. L'acte d'achat date très précisément du 5 mai 1750, mais les bâtiments étaient occupés et il a sans doute fallu attendre la fin des baux en cours pour débuter cette nouvelle activité. Louise HUET était la fille d'un aubergiste de Gené (7 km à l'ouest du Lion-d'Angers) ; ce fait a sans doute influencé la réorientation professionnelle de la famille MERCIER.

Louise HUET décède le 19 juillet 1764, puis Mathurin II le 20 décembre 1780. Leur héritage reste en indivision jusqu'en 1784. La direction de l'auberge est alors assurée par Pierre MERCIER, le cadet de mon ancêtre François II, et son épouse, Lucrèce TOUZÉ, les parents du futur MERCIER-LA-VENDÉE. Pendant cette période, François II s'était installé, avec son épouse Françoise HANTRIE, dans une paroisse voisine, Brain-sur-Longuenée, en tant que marchand fermier : dans l’Ancien Régime, il s’agissait d’un gestionnaire de biens, qui concluait un bail à prix ferme avec les propriétaires, en général non résidents, et qui sous-louait les biens à leurs exploitants directs par un bail « à moitié ». Fin 1784, un partage met fin à l'indivision. Les choses rentrent dans l'ordre, puisque c'est le fils aîné (François II, mon ancêtre) à qui échoit le lot incluant l'auberge, et donc la direction de l'hôtellerie de la Boule d'Or. Pierre MERCIER et sa famille quittent le Lion d'Angers pour Château-Gontier, où ils reprennent l'hôtellerie du Louvre.

François II meurt le 28 décembre 1796. Mon ancêtre François III prend la suite de son père à la tête de l'auberge et y reste pendant 35 ans. Il vend la Boule d'Or le 5 octobre 1831, et prend sa retraite à Craon, auprès de ses fils issus de son premier mariage. Pour respecter les conditions de l'acte de vente, il a dû quitter les lieux avant le 24 juin 1832 (autrement dit la Saint Jean).

Vers 1865, de vieilles ruelles du Lion-d’Angers sont élargies et alignées, entrainant la démolition de l’ancienne hôtellerie. Une maison de maître, de type hôtel particulier, est construite à son emplacement, à l'intersection des rues actuelles du Général Leclerc (n°27) et du Marché (n°1), anciennement Grande Rue et rue du Corneau. Il subsisterait quelques murs des bâtiments originels à cette adresse.

On peut retrouver les bâtiments de « La Boule d’Or » dans le cadastre napoléonien, établi en 1809 pour le Lion-d'Angers. Dans ce plan d’ensemble du bourg, ils ont été mis en évidence par un tracé jaune.

Extrait du cadastre napoléonien

L'acte de vente de 1831 donne la description suivante de l'hôtel :

L'hôtel de la Boule d'Or, autrefois nommé la Croix Blanche, situé ville du Lion d'Angers, grande rue, distribué en cuisine, salon, salle au rez de chaussée, cinq chambres de plain pied, six chambres au premier, dont quatre à cheminée, deux greniers ;

Et de laquelle maison dépendent trois cours, un tai à porcs = étable à cochons, deux lieux d'aisance, une remise, deux écuries, un jardin où se trouvent une remise et une buanderie ; le tout joignant d'un bout la grande rue, de l'autre le jardin de monsieur Mercier la Vendée Félix MERCIER (1781-1846), qui avait repris en 1816 le nom de guerre de son frère, le compagnon de Cadoudal et les bâtiments de monsieur Fleury, d'un côté la rue du Corneau et d'autre part messieurs Bernier, Pasquier et Fourmond Desmazieres.

L’ascendance par les femmes du dernier aubergiste

Cette page s’est intéressée jusqu’à maintenant aux porteurs du nom MERCIER, c’est-à-dire à l’ascendance par les hommes de François III MERCIER, le dernier aubergiste du Lion-d’Angers. Les générations successives des MERCIER constituent une famille classique ; ils appartiennent tous à la même catégorie sociale, à mi-chemin entre marchands et artisans.

L’ascendance par les femmes est plus surprenante : les registres paroissiaux nous permettent de remonter jusqu’à des demoiselles de la noblesse poitevine, au début du XVIIe siècle, et de là, grâce à d’autres catégories d’archives, de poursuivre jusqu’à la fin du XIIIe siècle sur certaines branches. Cela nécessite une page séparée pour de plus amples explications :

Des ancêtres dans la noblesse poitevine

Les sœurs du dernier aubergiste

Le dernier aubergiste, François III MERCIER, avait 4 sœurs ; il était l'unique garçon de la fratrie.

Reste le cas de Louise. La descendance de Louise MERCIER et Ferdinand LANGLOIS mérite une page spécifique : en effet, elle nous mène à un cousin célèbre, Henri LANGLOIS, le fondateur de la Cinémathèque Française.

Le cousin Henri LANGLOIS